
TECHNIQUE
PARTAGE
Entre art éphémère, univers du jeu de rôle et expérimentations avec le Labodypainting, le bodypainter belge François Rose multiplie les expériences et les collaborations, avec toujours l’envie de découvrir de nouvelles façons de créer.
L’univers de François Rose s’est construit autour du Body Painting, de la photographie de studio et d’un intérêt marqué pour les jeux de rôle et le fantastique. Au fil des années, son travail l’a amené à explorer différentes façons de mettre le corps en scène, que ce soit pour des projets publicitaires, événementiels ou plus personnels.
Techniques & Expérimentations
Il explore un large éventail de techniques, du Body Painting classique aux effets spéciaux, prothèses, retouches numériques et travail approfondi des textures, couleurs, effets de matière, trompe-l’œil. Face au caractère éphémère de la peinture corporelle, il s’est formé en autodidacte à la photographie de studio pour capturer lui-même ses œuvres et en maîtriser la lumière. Qu’il s’agisse de projets artistiques personnels ou d’exigences commerciales très spécifiques, sa force réside dans sa capacité à élaborer des solutions techniques sur-mesure et une direction artistique parfaitement adaptée à chaque situation. François accorde aussi une grande importance à la personnalité et aux émotions de ses modèles.

Laboratoires de création
Mais son travail ne se limite pas aux projets réalisés pour des clients. Depuis 2018, il réunit chaque année des artistes autour du Labodypainting, en Belgique. Libéré de la pression des compétitions, ce laboratoire participatif permet aux artistes, photographes, vidéastes et modèles d’expérimenter librement, de tester de nouvelles idées et d’innover ensemble. Le Labodypainting adopte une démarche inclusive en accueillant des modèles aux physiques variés.

Art & Engagement
François Rose accorde une place importante aux projets qui lui permettent de transmettre des messages et des valeurs qui lui tiennent à cœur, comme la défense des océans. À l’occasion des 40 ans de l’association Sea Shepherd, il a peint une baleine formée par les corps peints de trois modèles disposées en trompe l’oeil.
Le bodypainting lui permet aussi d’aider ses modèles à retrouver de l’estime de soi, en particulier pour les personnes qui doivent se réapproprier leur corps après une chirurgie liée au cancer.
Mentionnons également un autre projet, né lors de la crise sanitaire : le « zOOdiaque », réalisé avec Anna Lind’Up autour des signes astrologiques. Ensemble, ils ont imaginé une autre façon de les représenter, « geek et décalée », en jouant sur la symbolique des personnages sans en altérer le caractère.
Un petit arrêt sur image !
Un Body Painting axé sur les textures
métalliques et l’illusion des
volumes

Le visage :
Les lignes, la couleur et le contraste du visage sont choisis pour renforcer l’aspect non-humain de la créature.

Le torse :
Le découpage en plaques s’inspire d’armures réelles afin de conserver une crédibilité anatomique et une mobilité supposée de la modèle.

Les bras et les épaules :
Les spallières (plaques de l’épaule) sont les surfaces les plus »extérieures » de l’armure. Leur volume est renforcé par la densité croissante de pigments métalliques vers le centre. Une sorte d’ourlet métallique forme les bords, avec un fort contraste et des reflets plus clairs. L’extérieur des bords est poudré de brun pour figurer une ombre portée sur la plaque inférieure.

Le trompe-l’œil est saisissant : les lignes et les jeux d’ombres transforment le haut du corps en armure, donnant à la peau l’aspect parfait du métal.
Fiche technique
| Technique | Textures métalliques |
| Discipline | Body Painting |
| Matériels | Aquas, Kabuki, éponge naturelle, pinceaux souples |
| Niveau | Avancé |
| Pré-requis | Composition anatomiquement crédible, logique des ombres et lumières, symétrie et précision. |
CITATION DE
François Rose
Tout est dans la présence.
Henry J. Waternoose, DIRECTEUR
DE L’ECOLE de Monstres & Cie
Distinctions & Notoriété
Après avoir remporté le premier prix des concours de face-painting et de bodypainting du Festival du Film Fantastique de Bruxelles en 2006, François Rose a participé à plusieurs concours internationaux avec de bons résultats. Mais pour lui, la vraie reconnaissance est d’avoir été régulièrement invité comme formateur et comme membre du jury lors des plus grands événements de la discipline. Si les concours sont à ses yeux un excellent moyen pour les artistes de se surpasser, d’apprendre, de développer un réseau ou leur inspiration, ils restent des compétitions artistiques, avec la part de subjectivité que cela implique. Pour François, ce ne sont pas des « championnats » dans le sens sportif du terme, quoi qu’en disent les lauréats de ces concours… On n’a jamais qualifié James Cameron de « champion de cinéma » ni Michael Jackson de « champion de musique », pourquoi utiliser ce terme en bodypainting?
Toujours expérimenter
Après plus de vingt ans de carrière, François Rose conserve la même curiosité qu’à ses débuts. Pour lui, l’essence de son métier réside avant tout dans le plaisir de la création collective. Qu’il s’agisse de projets engagés, d’expérimentations au sein du Labodypainting ou de collaborations spontanées, chaque rencontre devient un terrain de jeu pour tester, chercher et bousculer ses propres certitudes. Une démarche sincère où l’art n’a de sens que s’il est partagé.
Le petit conseil !
Développez votre curiosité. Expérimentez, testez régulièrement de nouvelles choses (produits, techniques, styles…). Ouvrez les yeux sur le monde autour de vous : il regorge de détails qui passent inaperçus la plupart du temps. Cela nourrit votre « bibliothèque cérébrale » de motifs, de textures, de couleurs, d’idées… qui à leur tour nourriront votre créativité.

François Rose













